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Publié : 3 octobre 2008

La Chapelle de Saint Vio

La chapelle de Saint-Vio

Chapelle Saint Vio

Saint Vio, un tout petit nom pour la plus petite des chapelles bigoudènes. Cinquante mètres carrés à peine, un charme fou pour la « chapellig », blottie dans un repli de dunes sur la palue de Tréguennec, si basse avec son petit escalier extérieur, son clocher couvert de lichen d’un jaune éclatant, et ses portes qui commandent de baisser la tête pour y pénétrer. Vous ne trouverez pas la chapelle miniature de Saint Vio dans les grands guides touristiques. Et pour cause, elle n’est pas classée. Une chance ? Pour les subventions sans doute pas, mais pour le plaisir de la découverte spontanée devenue si rare, peut-être.

Ceux qui la connaissent en sont amoureux. Abondamment photographiée, peinte, filmée dans « Le crabe tambour », son histoire n’a rien d’extraordinaire, mais les légendes qui l’entourent nous amènent de l’Irlande en baie d’Audierne, de la fontaine à sa pierre hémisphérique, témoin de la civilisation celte.

Vio sur son rocher

La pierre de Saint-Vio.

Vio, évêque d’Armach aurait traversé l’océan, non point dans une auge de pierre comme tant de saints irlandais, mais sur cette pierre hémisphèrique, rocher qui serait venu à lui.

Au XVIe siècle, à l’emplacement de l’oratoire, fut édifiée la chapelle de Saint Vio, sa fontaine et son placître.

« Saint Vio est remarquable par sa simplicité et son humilité » commente Henri Pérennou, président des amis de la chapelle.

En son milieu, un arc en granit supporte le clocher à gargouilles. De part et d’autre de l’autel, il y a un christ en bois peint, le reliquaire de Saint Vio et deux statues : Vio en évêque (datant sans doute du XVIe) et une vierge à l’enfant, plus récente.

Un trou dans le toit : la mobilisation

La chapelle si remarquable qu’elle soit, n’a pas toujours vécu des jours heureux. Un trou dans son toit aurait pu être le départ d’une longue agonie. Les habitants de Tréguennec se mobilisent. Une association de sauvegarde voit le jour en 1985 et entreprend une restauration à l’identique.

Elle organisera des fêtes, mettra la main au porte-monnaie pour sauver Saint Vio, bénéficiant du concours du ministère des affaires culturelles pour entreprendre des travaux de jointoiement, de réfection de la charpente, du faîtage sans oublier le vitrail signé Toulhoat qui illustre la vie de Saint Vio. Cette restauration vaudra à l’association en 1988, le premier prix national hors concours de la fédération des associations de sauvegarde des sites et monuments.

La fontaine de Saint-Vio

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Fontaine de Saint Vio

La fontaine qui fait marcher les enfants

On ne saurait parler de Saint Vio sans parler de son pardon le 3e dimanche de juin et de la coutume qui s’est perpétuée jusqu’au milieu du siècle. Une femme, devant impérativement se prénommer Marie, prenait les enfants pour leur apprendre à marcher, leur trempait les pieds et « souvent le derrière » dans l’eau de la fontaine.

Henri Pérennou a subi ce sort. Tante Marie se rappelle. A t-il marché plus tôt pour cela, il ne s’en souvient pas.

On implorait aussi Saint Vio lors des sécheresses prolongées, messes et processions à l’appui, tandis que les « costauds » de la commune retournaient la pierre de Saint Vio. On dit encore que cette pierre hémisphérique appelée aussi pierre phallique avait le don de guérir de la stérilité, les femmes qui venaient s’y frotter le ventre... Qui témoignera de l’efficacité de ces traditions ?

Article du Télégramme du 27 Août 1997. Photographies © Thierry Nedelec